Une petite fille dans les bois
La
petite Odile sautait à la corde; elle sautait très bien; elle faisait
cent tours sans s'arrêter; elle faisait des "doubles", ou bien sautait,
en courant, tout autour de la pelouse. Sa maman parut tout à coup sur la
première marche du perron.
- Odile, appela-t-elle; tu n'as pas fait ta page d'écriture, la
journée s'avance et nous sommes bien en retard; viens vite rattaper le
temps perdu !
Au lieu d'obéir, Odile jeta sa corde dans le massif de géraniums et s'enfuit en riant et en criant:
-
Oh ! maman, cela m'ennuie trop de prendre ma leçon; il fait trop beau
et je m'amuse tant ! Elle courut vers le potager. Elle entendait bien sa
maman:
- Odile, Odile ! sois gentille ! Viens !
Mais un mauvais diable la poussait; elle courait toujours [...]
Extrait de: Une petite fille dans les bois, comtesse de Massacré, ill. Félix Lorioux, dans La Semaine de Suzette (1928)